Sensual Clean Service hors circuit : une première victoire
Sensual Clean Service a cessé son activité. C’est une première victoire pour toutes celles et ceux qui ont mené ce combat contre la marchandisation de la femme et de son corps. C’est un combat pour la dignité humaine, un combat actuel face à des visions rétrogrades qui prêtent encore beaucoup trop à sourire.
Comme s’il n’était allé assez loin, ce jeune chef d’entreprise affiche en première page de son site, je le cite, « le service de femme de ménage sexy « soubrette » à prendre au second degré bien sûr, est uniquement basé sur l’aspect ludique, tout comme il existe déjà des entreprises qui proposent des services de strip-tease, ou tout autre divertissement pour anniversaires, enterrements de vie de jeunes garçons ou simplement pour un plaisir personnel. »
Nous avions donc bien compris : il ne s’agit pas de « nettoyage en bâtiment », ni de service à la personne. Il s’agissait bien d’exploitation de l’imaginaire collectif érotique et sexuel à des fins commerciales.
Ce site est pour le moment hors-circuit, mais qu’en est-il de tous les autres qui surfent sur ce concept ? La question reste entière et doit être posée dans le cadre du débat sur la prostitution. Les travaux menés actuellement par la mission parlementaire doivent prendre en compte ce « racolage virtuel » qui s’opère sur Internet et sur lequel nous avons très peu de visibilité et de contrôle.
En tout état de cause, j’attends des réponses de la part des autorités compétentes quant aux infractions manifestes au code du travail de cette entreprise : protection de ses salariés et discrimination à l’embauche, ainsi que son immatriculation dans un secteur qui ne semble pas correspondre à son activité. La plainte que j’ai déposée auprès du Procureur de la République de Carcassonne est toujours d’actualité. J’espère que cela conduira à une plus grande vigilance face à toute nouvelle initiative de ce genre.
La mobilisation des élus, des associations, des citoyens n’a pas été vaine. Ce combat a été légitimement porté sur la place publique, n’en déplaise à certains, pour alerter, mobiliser, débattre et combattre.
Le 10 mars dernier, Michèle Picard a porté plainte auprès du Procureur de la République de Carcassonne.


Cet Ă©vènement n’est qu’une vaine victoire . . . Il serait bien plus pertinent et efficace de s’attaquer Ă la pub, la tĂ©lĂ© et les magazines qui EUX salissent l’image de la femme et pas une pauvre entreprise qui ne touche que quelques particuliers. La seule victoire ici, me semble ĂŞtre celle sur la frustration subjective ressentie lors du constat d’une telle entreprise. Je veux dire par la que cette boite de mĂ©nage est un bouc Ă©missaire qui a ramassĂ© pour d’autres.
Attaquez les magazines comme « closer », les Ă©missions de tĂ©lĂ© type star academy et nouvelle star, attaquez les pubs qui montrent la femme comme un objet, et Ă©duquez les femmes qui s’indignent d’ĂŞtre prises pour ce qu’elles donnent Ă voir. Mais fermer cette entreprise n’aura aucune consĂ©quence sur ce mouvement sociĂ©tal d’afficher la femme comme un produit. LE probleme est ailleurs.
je n’impose cet avis a personne.
Madame le Maire,
Permettez-moi de vous adresser mes plus vifs remerciements pour l’action que vous avez menĂ©e afin de mettre KO cette entreprise de marchandisation de la femme.
Je vous exprime ma très sincère gratitude.
Nous vivons dans une société patriarcale où tout est bon pour mettre à bas le statut de la femme dans la société.
Loin d’ĂŞtre misandre, je suis complètement effarĂ©e de constater les dĂ©rives machistes et misogynes de notre sociĂ©tĂ©. Elles deviennent la norme. Les femmes sont sans cesses attaquĂ©es, exclues, traitĂ©es comme des sous ĂŞtres humains, sous payĂ©es, violentĂ©es, les plus pauvres… la liste est longue !
Et comme le disait Aragon dans sa cĂ©lèbre maxime : « La femme est l’avenir de l’homme » mĂŞme si les hommes, depuis des millĂ©naires, cherchent Ă oppresser ce fait.
Recevez, Madame le Maire, mes très sincères salutations.