La politique de l’autruche doit cesser !

Bookmark and Share

Lettres aux habitants - Cliquez sur l'image

Vénissieux, le 10 novembre 2011

Retrouvez ci-après la dĂ©claration de Michèle Picard après l’installation de populations Roms dans le centre social de Parilly.

Menacés d’expulsion dans leur campement de la rue de Surville à Lyon 7e et donc conduits à le quitter, des familles se sont installées dès ce matin sur un terrain privé à Vénissieux avec leurs paquetages et pour certains des caravanes. Une majorité de caravanes est repartie avec leurs occupants, 4 ont été placées en fourrière, leur état ne permettant pas un nouveau déplacement.

Les populations encore présentes ont investi le centre social de Parilly qui n’est pas un lieu d’hébergement et  dont l’occupation ne peut perdurer. Tout au long de la journée, la Ville de Vénissieux a mobilisé ses ressources  afin de trouver la meilleure issue possible pour chacun. Contacté, le 115 n’a pu apporter de réponse.

Une nouvelle fois, les villes, leurs maires, leurs élus sont pris en otage. Je refuse d’être culpabilisée, manipulée, ballotée entre l’absolue nécessité de trouver des solutions humaines et dignes aux côtés des associations et l’impérieuse responsabilité d’assurer la sécurité de mes administrés, de faire respecter la loi avec la Préfecture.

Depuis 2 ans, je demande l’organisation d’une table ronde, placée sous l’égide du Préfet, avec toutes les villes de l’agglomération, le Conseil général et le Grand Lyon, afin d’apporter aux 800 personnes Roms, en errance  dans l’agglomération, une réponse décente et digne. Aujourd’hui se renvoyer la patate chaude ne sert à rien, ne sert personne, ni les associations, ni les villes, ni l’État et encore moins ces familles.

La politique sociale de notre ville est cohérente et volontariste. Nous sommes très loin de nous désintéresser  de la question. Nous prenons nos responsabilités et portons notre part du sac à dos.

Conscients des risques majeurs encourus, nous avons mis en place depuis deux ans  un dispositif de veille et de mise en sécurité des squats. Cette procédure est destinée à protéger autant ces populations que les habitants, tant nous savons qu’un drame humain peu subvenir à tout instant dans ces campements de fortune. L’actualité nous l’a rappelé trop souvent.

A ce jour, nous sommes aussi la seule ville à avoir répondu présent pour permettre l’ouverture de places supplémentaires d’hébergement dans le cadre du plan grand froid sur le département. Le Préfet de la Région Rhône-Alpes et du Rhône a chargé l’association Notre Dame des Sans Abris de piloter un projet d’implantation de structures provisoires, type Algéco, pour la période hivernale. A Vénissieux, 18 habitations pourront accueillir, par le biais du 115, des familles privées de logement sur toute l’agglomération, dont des familles Roms.

La Ville de Vénissieux a tenté de trouver des solutions pour sortir par le haut de cette situation. Je souhaite que chacun des acteurs concernés prennent leurs responsabilités. Ce soir les familles dormiront dans le centre social et une nouvelle fois notre ville est contrainte d’assumer la situation d’urgence. Je le déplore très vivement.

A chaque nouvelle expulsion, nous verrons  ces populations s’installer une fois chez nous, une fois chez le voisin. Jusqu’à quand allons-nous nier le problème de fond ? Cessons cette politique de l’autruche, là où il est question de dignité humaine !

Declaration10112011

Bookmark and Share

4 Ccommentaire

  • Jojo says:

    Madame,

    Vous avez mon total soutien et celui d’un bon nombre de vénissians.

    Si je ne m’abuse, seule la Ville de Vénissieux tente de trouver des solutions humaines à ce problème en ouvrant des places d’hébergement notamment comme vous le précisez dans le cadre du plan grand froid.

    Mais que font donc les autres villes, les pouvoirs publics pour l’accueil de cette population ? Que fait l’État à part se désengager ?

    C’est un peu trop facile de tomber à bras raccourcis sur une ville qui fait tout ce qu’elle peut pour régler humainement le problème alors que les autres villes environnantes s’en lavent les mains et s’en fichent comme d’une guigne !

    Ces pauvres gens font des va-et-viens incessants entre la France et leur pays grâce à une prime de retour. Deux tiers d’entre-eux reviennent immanquablement !
    Que fait l’Europe ? Pourquoi ne s’occupe-t-elle pas de ses pauvres ? Pourquoi le gouvernement français laisse perdurer cette situation ?

    Une bonne fois pour toutes, il faut mettre les choses à plat pour régler ce problème qui dure depuis trop longtemps.

    Encore Merci madame le maire pour votre courage et votre pugnacité.

    Jojo

  • claudie says:

    Voilà une réponse sensible et intelligente à cette situation.
    La proposition d’une table ronde est la solution qui prouverait que tous les acteurs veulent rĂ©ellement rĂ©soudre ce problème.
    On se demande pourquoi ça ne se fait pas.
    Laisser pourrir la situation est indigne et irresponsable.
    Merci de faire de Vénissieux une ville volontaire, humaine et responsable.

  • L. F. says:

    Mme Michèle Picard

    Vous avez tous mes encouragements.

    Ce sont toujours les villes populaires qui doivent accueillir les pauvres alors qu’elles ont dĂ©jĂ  beaucoup de mal au sein mĂŞme de leur population.

    Demandez donc au maire de Lyon s’il veut accueillir ces pauvres gens ou au maire de Pommiers (la ville la plus riche du RhĂ´ne) ou mĂŞme Ă  celui de Charbonnières.

    Mais je connais dĂ©jĂ  la rĂ©ponse…

    Les roms vont ĂŞtre trimbalĂ©s encore longtemps et leur situation n’est pas prĂŞte d’ĂŞtre rĂ©glĂ©e.

    C’est franchement dĂ©solant pour eux !

  • V Hola says:

    Bravo Mme le Maire pour la gestion des Roms, L’Etat , le conseil gĂ©nĂ©ral, le Grand Lyon , les villes de l’agglo doivent prendre leur responsabilitĂ© et une table ronde serait une première avancĂ©e nĂ©cessaire aujourd’hui . Le froid arrive et tout le monde va s’Ă©mouvoir devant tous ces gens qui vivent dehors.
    Encore une fois vous ĂŞtes la première a avoir rĂ©pondu positivement au plan froid lancĂ© par l’Etat.
    Encore merci ,pour votre courage et votre humanité.



Laissez un message